Acte contre nature et usage de drogue : Trois hommes envoyés en prison par le procureur Dicko

L’affaire est partie d’une déclaration pour le moins inattendue au commissariat de Golf-Sud. El. H. M. Diack s’est présenté au poste, le 14 septembre, pour solliciter l’aide des policiers. Dans sa première déposition, il affirme entretenir depuis plus d’un an une relation amoureuse avec A. A. Kandé et évoque des rapports sexuels rémunérés. Quelques heures plus tard, il se rétracte. Il nie être homosexuel et accuse même l’agent présent au poste d’avoir modifié ses propos. Ce jour-là, El. H. M. Diack, 35 ans, domicilié à Guédiawaye, gérant de parking et livreur Yango, s’est présenté au commissariat. Dans un premier temps, il a déclaré vouloir dénoncer une situation personnelle qui lui pesait et solliciter l’assistance des policiers. Selon la mention inscrite au registre de la main courante, Diack avait alors affirmé entretenir depuis plus d’un an une relation amoureuse avec Kandé. Il a également déclaré que ce dernier lui versait 10 000 F CFA après chaque rapport sexuel. Ne disposant pas de cette somme, il lui a remis son téléphone portable Infinix en gage. Entendu une nouvelle fois par les enquêteurs, El. H. M. Diack a changé de version. Il a nié être homosexuel et expliqué qu’Aziz Kandé était simplement un ami d’enfance. Il a, en revanche, reconnu être consommateur de crack. Diack raconte avoir quitté son travail dans la nuit du 12 septembre, vers 1 h, pour se rendre chez Kandé, au croisement Béthio, pour fumer du crack. Vers 6 h, le stock de drogue étant épuisé, il a contacté M. Tall pour se ravitailler. Ils se sont retrouvés à proximité de la Brioche Dorée. C’est à ce moment qu’il a remis son téléphone Infinix à M. Tall en guise de garantie. En échange, ce dernier lui a remis deux nouvelles pierres de crack. « Nous n’avons fumé que trois pierres de crack », a déclaré Diack aux limiers, précisant qu’il consommait de la drogue depuis environ un an. Il affirme également avoir acheté les trois premières pierres chez M. Tall à 15 000 F CFA. Mais M. Tall a contesté cette version. Le mécanicien de 36 ans, domicilié à Guédiawaye, reconnaît avoir remis 10 000 F CFA à Diack contre son téléphone, mais nie lui avoir vendu de la drogue. Selon lui, Kandé l’avait appelé pour lui demander de prêter cette somme à Diack. Il affirme avoir rencontré ce dernier vers 7 h, à l’intersection de la Brioche Dorée, alors qu’il se préparait à aller à la plage de Malibu. Il soutient que Diack lui avait remis son téléphone en garantie et qu’il est ensuite revenu le récupérer sans lui restituer l’argent. Interpellé à son domicile des HLM Las Palmas, A. A. Kandé a reconnu connaître El. H. M. Diack, mais décrit leur relation comme une simple amitié datant de leur enfance. Il nie avoir consommé du crack avec Diack. Il admet toutefois que ce dernier était présent chez lui durant la nuit du 12 septembre. « Il était seulement de passage pour me rendre visite », explique-t-il. Confronté aux déclarations de Diack, qui affirme avoir fumé du crack à son domicile avant de partir avec lui à la rencontre de M. Tall, Kandé a maintenu sa version. Il déclare que Diack lui avait demandé de l’accompagner pour emprunter de l'argent à M. Tall. Il a attendu dans une boutique pendant que Diack remettait son téléphone en gage. Kandé a reconnu, par ailleurs, connaître M. Tall, qu’il présente comme un ancien voisin. Mais il conteste avoir mis les deux hommes en relation pour une vente de drogue. Ce que révèle le téléphone L’exploitation du téléphone portable d’A. A. Kandé a tout changé. Les enquêteurs indiquent avoir découvert sur son compte Snapchat des échanges avec plusieurs personnes ainsi que des vidéos à caractère homosexuel. Malgré tout, Kandé nie toujours être homosexuel. Il affirme que les messages amoureux retrouvés étaient échangés avec des femmes et soutient que certaines vidéos d’homosexuels lui ont été envoyées via Snapchat sans qu’il connaisse l’identité de leurs expéditeurs. Les policiers lui opposent alors plusieurs captures d’écran présentées comme des échanges à caractère amoureux avec des hommes. Dans l’une d'elles, un correspondant identifié sous le pseudonyme « Bashmtl » échange avec le détenteur du téléphone des messages tels que : « Je t’adore, tu sais » ; « Je t’adore aussi » ; « Ben goor Mo am si deuk bi té yaw leu… ligua ma won goor meussoumako wone », rapporte le procès-verbal. Kandé persiste pourtant dans ses dénégations. Il assure avoir simplement des connaissances sur Instagram et Snapchat, certaines se présentant comme des homosexuels, mais il ne partage pas leur orientation sexuelle. Il a accepté de remettre son iPhone 7 aux enquêteurs pour une exploitation technique et leur a communiqué son mot de passe. Au fil des auditions, les enquêteurs se sont retrouvés avec trois versions différentes. El. H. M. Diack reconnaît sa consommation de crack et accuse M. Tall d'être son fournisseur. Il nie, par contre, être homosexuel, tout en affirmant que ses premières déclarations sur sa relation avec A. A. Kandé ont été modifiées par le policier qui les a recueillies. M. Tall reconnaît uniquement avoir prêté 10 000 F CFA à Diack contre son téléphone, mais réfute toute vente de crack. A. Kandé nie aussi bien les accusations de consommation de drogue que celles relatives à une quelconque relation sexuelle avec Diack. Il reconnaît néanmoins connaître M. Tall et affirme qu’ils étaient ensemble durant la nuit du 12 septembre. Le trio a été déféré, ce mercredi, devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Saliou Dicko les a tous placés sous mandat de dépôt pour acte contre nature et offre ou cession de drogue. Ils seront jugés en flagrant délit.

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9/18/20261 min read

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