Candidature de Macky à l’ONU: le soutien de Diomaye «est venu un peu tard», selon Pr Carlos Lopez

Le président Bassirou Diomaye Faye a décidé, lundi 20 juillet 2026, d'accorder «le plein soutien» du Sénégal à la candidature de son prédécesseur Macky Sall pour le poste de Secrétaire général de l'ONU. Malgré ce revirement survenu après des mois de fortes réticences, Macky Sall a essuyé un revers le 30 juillet, lors d’un premier vote indicatif qui a réuni les 15 membres de l’Institution, où il a obtenu 6 voix favorables, contre 7 voix défavorables et 2 abstentions. Un soutien «tardif» Analysant la situation, l’ancien secrétaire exécutif de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique, Carlos Lopes, par ailleurs professeur de droit en Afrique du Sud, a estimé que le soutien du Sénégal «est venu un peu tard», au cours d’une interview à RFI, ce mercredi 05 août. «Dans le cas de Macky Sall, le soutien officiel finalement apporté par le président Diomaye Faye est venu un peu tard et n'a pas pu rétablir une cohérence institutionnelle, parce que le Sénégal reste profondément divisé sur son héritage, sur sa candidature», a expliqué l’universitaire. De façon tardive, l'Ougandais Olara Otunnu, ancien diplomate et haut fonctionnaire de l'ONU âgé de 75 ans, a lui aussi officialisé fin juillet 2026 sa candidature. Lors du vote indicatif, juste derrière Macky Sall, il s'est classé dernier en recueillant 2 voix d'encouragement, 5 de découragement et 8 d'abstention. Pour Carlos Lopès, ces premiers résultats ne «bouleversent pas l'analyse politique des candidatures africaines», ils viennent plutôt «confirmer» une situation perceptible depuis longtemps. Par ailleurs, l’ancien secrétaire exécutif soutient qu’il est presqu’impossible aujourd’hui pour Macky de bénéficier du soutien de l’Union africaine, alors qu’une vingtaine de pays avait déjà montré des signes d’opposition. «Il n'y a pas vraiment de possibilité de le faire. Du point de vue des procédures, c'est extrêmement compliqué. Ça exigerait presque une réunion exceptionnelle du Conseil exécutif de l'Union africaine. Ce n'est pas prévu pour les mois prochains jusqu'à la fin de l'élection. Mais du point de vue politique aussi, ce serait très difficile de mobiliser les pays qui ont démontré de la réticence», a-t-il expliqué. Le principe de la rotation géographique La Costaricaine Rebeca Grynspan est sortie grande favorite du premier vote indicatif du 30 juillet 2026 avec 10 voix d'encouragement, talonnée par la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett (09 voix d’encouragement). Cette double domination féminine en tête du scrutin s'explique par une forte pression politique en faveur de la rotation géographique et de l'égalité des genres. L'Amérique latine et les Caraïbes revendiquent légitimement le poste puisque la région n'a plus dirigé l'ONU depuis plusieurs décennies. Cette dynamique géopolitique est combinée à la volonté historique de nommer enfin une première femme Secrétaire générale à la tête de l’institution.

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8/5/20261 min read

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